Arrête d’avoir besoin de moi.

Je viens de terminer la lecture de « New York, esquisses nocturnes », un roman de Molly Prentiss.

( ) Eh oui, je me suis remise à lire des romans, après des années à ne lire que des livres de développement personnel ou d’éducation alternative. J’en ai lu 3 d’affilée ces 10 derniers jours, comme pour me rattraper de toutes ces années de diète.

En fait, je ne me sentais pas dans la bonne énergie ces derniers temps. Je me sentais molle. Je n’avais pas envie, pas l’envie. Je ne me sentais ni inspirée ni inspirante. Je ne me sentais ni convaincue ni convaincante.

J’avais besoin de faire autre chose que ce que je fais tous les jours. J’avais besoin de changer l’énergie. Alors, je me suis comme arrêtée. Je suis sortie de ma vie de tous les jours. Et j’ai dévoré des romans. Et ça m’a revigorée.

Fin de la parenthèse 🙂

Donc, dans ce roman, deux personnages m’ont particulièrement marquée, car ils cristallisent à eux deux les traits que je reconnais chez moi. Des traits qui se tiraillent entre eux, surtout ces derniers temps.

Marge est une femme qui veut toujours tout bien faire. Elle est mariée à James, un critique d’art synesthésique (en gros, il voit et sent des choses que quelqu’un doté d’un cerveau « normal » ne peut pas voir), qui ne vit que pour l’art.

Marge, au fil de sa relation avec James, est devenue adulte. Elle a renoncé à ses petites folies d’artiste créative et insouciante, pour aller travailler dans un bureau, et gagner de manière sécuritaire sa vie.

C’est elle qui paie les factures. Elle est le pilier de son couple. Elle est raisonnable. Elle répare tout. Elle sauve tout. Elle est forte. Elle est indispensable.

L’autre personnage dont je veux parler, c’est Raul. C’est un artiste peintre argentin, un oiseau libre et sauvage, qui a fui l’Argentine des années 80, abandonné sa sœur là-bas, et qui ne supporte pas qu’on ait BESOIN de lui.

Et moi, je suis à la fois Marge et Raul.

Je suis celle qui ramasse, et qui nettoie, et qui range, sinon personne ne le ferait. Oui, tout traînerait par terre, tout simplement.

Je suis celle qui rappelle aux autres ce qu’ils doivent faire, sinon ils oublient.

(La charge mentale dont on a tant parlé ces derniers jours, je connais)

Je suis celle qui répare.

Je suis celle à qui l’on demande : « Qu’est-ce qu’on fait ? », « Combien on met ? », « Qu’est-ce qu’il faut dire ? », « Où sont mes chaussettes ?, « Où sont mes chaussures ? », « Qu’est-ce que je dois préparer à manger ? »… etc.

Et j’ai les réponses.

Je suis celle qui décide.

Parce qu’à la base, j’aime décider, j’aime être libre, et faire ce que je veux.

Mais. La sensation que d’autres ont ce besoin si important de vous, c’est étouffant à la longue.

Avant d’entrer dans une relation quelconque, tout type de relation, chacun doit être PLEIN. Chacun doit se sentir déjà très bien avec lui-même.

Il ne doit pas lui manquer un truc, qu’il voudra trouver auprès de l’autre.

Il ne doit pas espérer qu’il comblera un manque, en entrant dans la relation avec l’autre.

Pour moi, chaque personne a la responsabilité de travailler sur son développement personnel.

Pour faire face à ses peurs, à ses croyances, à ses blocages, à ses problèmes. Pour réparer ses blessures. Pour avancer vers une meilleure version de lui.

Car chacun de nous a été cassé, plus ou moins selon la manière et les personnes qui nous ont accompagnés en grandissant.

Mais nous avons tous des putain de blessures. Pardon.

Chacun a la responsabilité de travailler sur son développement personnel. Et faire le bien autour de lui. Plutôt que d’être dépendant de son entourage pour son bonheur et son bien-être.

Je connais par exemple des personnes qui font la tronche quand leur entourage fait la tronche. C’est stupide.

L’une des habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, d’après le célèbre livre du même titre, est la proactivité.

C’est quoi être proactif ? C’est avoir sa propre météo interne, avoir ses propres valeurs et principes profonds internes, et être toujours guidé par ces éléments internes.

Ainsi, le proactif n’est pas réactif, ni affecté par l’environnement extérieur.

Les proactifs sont des leaders, pas forcément d’autres personnes, mais de leur vie.

Donc si autour de toi, les gens font la tronche, si tu étais proactif, tu garderais ton humeur, et tu essaierais même de dérider les autres.

Les proactifs se concentrent sur leur cercle d’influence (là où ils ont du pouvoir d’agir ou de changer quelque chose – et ça concerne souvent l’intérieur, et pas les autres, car on n’a pas le pouvoir de changer les autres).

Et parce qu’ils se concentrent sur leur cercle d’influence, et arrivent à améliorer les choses dans leur cercle d’influence, ils ont une énergie positive qui élargit leur cercle d’influence. C’est ainsi que finalement, par leur rayonnement, les proactifs peuvent avoir des impacts positifs sur les autres.

Pour les enfants bien sûr c’est différent. Ils naissent dépendants de nous, et ils ont BESOIN de nous. Mais l’éducation devrait favoriser l’épanouissement et l’autonomie des enfants.

La façon « mainstream » d’éduquer et d’accompagner nos enfants favorise leur dépendance.

Et c’est cette façon qui nous fait arriver à l’âge adulte si vides, à la recherche des pièces manquantes et des autres qui pourraient combler nos manques, nos peurs et nos hésitations.

Pour le bien de ce monde et de tous, les enfants doivent arriver PLEIN au moins à l’âge adulte.

Comment ? En leur donnant le plus de carburant possible, pour qu’ils puissent s’épanouir et s’envoler comme ils le méritent. Quel carburant ? L’amour, l’amour, l’amour.

Pas un amour étouffant, mais un amour qui leur insuffle la confiance, un amour inconditionnel, un amour qui les respecte, qui respecte leur unicité, qui respecte leur liberté, qui respecte leurs NON, un amour qui les voit, les regarde, est attentif à eux, qui les observe, les comprend, est empathique, un amour qui nous met dans un état disponible si besoin, mais pas en devançant tous les besoins et demandes de l’enfant…

En arrêtant de faire les choses à leur place, pour leur apprendre et les accompagner à faire seuls. Accompagner, car il ne s’agit pas de les abandonner ou de les forcer à faire seuls, sous prétexte qu’ils doivent apprendre à faire seuls, ou parce qu’il faut leur forger un caractère de dur à cuire car la vie est dure.

Accompagner, c’est être avec eux, auprès d’eux, attentifs à eux, et les aider, leur montrer, répondre à leurs questions ou demandes SI ils en ont. S’ils n’en ont pas, juste être là.

En leur donnant la parole, et les occasions de prendre des décisions, pour qu’ils apprennent à prendre des décisions et à penser par eux-mêmes.

En les impliquant dans nos vies, et dans les choses qui les concernent.

En les considérant comme dignes de respect.

En les traitant comme des invités de marque.

En nourrissant leur confiance et leur estime, pour qu’ils sachent qu’ils sont capables, et qu’on leur fait confiance, et qu’ils peuvent faire, faire des erreurs, réparer, avancer, sans crainte.

En les traitant d’égal à égal, pour les personnes à part entière qu’ils sont, pour qu’ils sachent qu’ils méritent, qu’ils sont assez, qu’ils ne sont pas des personnes de moindre importance. Ce qui leur fait comprendre qu’il existe donc des personnes de moindre importance dans ce monde.

En arrêtant de considérer les enfants comme des « moins ». Car alors, ils se sentiraient « moins », minables, peu dignes de respect, et ainsi ils traiteront à leur tour ceux qui leur semble « moins », les plus jeunes qu’eux.

En se sentant « moins », ils auront toujours besoin de nous, ou d’autres personnes, pour décider et faire ce qu’ils ont à faire, car de toute façon, ils font les choses moins bien et on leur a fait comprendre que d’autres sont mieux.

Ils ne pourront pas être vraiment libres, ils pourront rester dépendants, des autres, des avis des autres, des approbations des autres, des notes qui leur disent qu’ils font bien ou pas… etc.

Arrêtons de les évaluer, de les comparer, de les juger.

Favorisons l’expression et le respect de leur météo interne, de leurs richesses internes et singulières.

Ok, tout ça n’est pas facile.

Mais le monde a besoin (oui besoin) que chaque personne adulte soit responsable de son propre développement personnel et y travaille.

Que personne n’arrive dans une relation pour combler ses manques, ou pour combler l’amour absent de sa mère, de son père, ou des deux, ou pour retrouver l’amour étouffant de sa mère…

Que chaque personne soit juste BIEN avec elle-même.

Et que ce soit l’envie qui l’attire vers les autres, et pas le besoin.

Le monde a besoin (oui besoin) que les parents arrêtent de considérer les enfants comme des « moins » et les traitent comme des « moins ».

Le monde a besoin que toi, en tant que parent, tu traites ton enfant avec le respect qu’il mérite, en lui témoignant l’amour inconditionnel qu’il mérite, que tu sois attentif à ses besoins physiologiques et émotionnels, que tu favorises chez lui la confiance et l’estime de lui-même, la responsabilité et la fierté d’agir seul, de penser par lui-même, l’autonomie et l’épanouissement.
Car ton enfant n’est pas ton enfant. Ce n’est pas ton objet ou ta chose. Mais tu as l’énorme responsabilité de l’amener vers son autonomie, son indépendance, son épanouissement, et son bonheur qu’il doit trouver EN LUI-MEME avant tout.

Rappelle-toi cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry et, s’il te plait, pour ton enfant et ton entourage et pour le monde, sois attentif à ça :

« Je n’ai pas le droit de dire ou de faire quelque chose qui diminue un homme à ses propres yeux. Ce qui compte, ce n’est pas ce que je pense de lui, mais ce que lui pense de lui-même. Blesser un homme dans sa dignité est un crime. »

Et je t’invite aussi à lire ou relire le magnifique poême de Kahlil Gibran sur les enfants (vos enfants ne sont pas vos enfants).

Car dans le monde, trop de personnes ont trop besoin des autres, et ne peuvent pas assez compter sur elles-mêmes.

Trop de personnes sont perdues et dépendantes.

Trop de personnes sont enfermées dans des cycles répétitifs de situations qui les diminuent, parce qu’elles ont une faible estime d’elles, parce qu’elles ont des croyances erronées et limitantes, qui sont inconscientes, acquises de leur enfance, de leur petite enfance, ou de leur histoire familiale…

Trop de personnes ne savent pas prendre des décisions justes.

Soyons clair, nous sommes toutes ces personnes-là.

Nous sommes cette femme qui s’accroche à un homme qui ne l’aime pas comme elle le voudrait.

Nous sommes cette mère qui, parce qu’elle aime son enfant et veut que tout soit fluide pour lui, fait tout à sa place.

Ou cette mère pressée qui fait aussi tout à la place de son enfant, car elle n’a pas le temps qu’il fasse, qu’il n’y arrive pas, qu’il recommence, qu’il n’y arrive toujours pas, qu’il s’énerve, qu’il ait besoin de réconfort, qu’il veuille recommencer, et qu’il n’y arrive toujours pas… Grrrr… Et le petit deuxième s’impatiente, et l’heure tourne… Bref… On n’a pas des vies faciles hein!!

Nous sommes cet homme qui ne sait pas prendre des décisions et rejette la faute sur les autres.

Nous sommes cet homme qui a un besoin maladif de contrôle et qui prive notre compagne de toute initiative.

Nous sommes cette femme refoulée qui abandonne toutes les décisions de notre vie à cet homme control freak.

Nous sommes cette femme qui s’enferme dans une situation financière catastrophe… etc.

Mais certains essaient d’améliorer tout ça, et travaillent sur eux, et accompagnent leurs enfants autrement que ce que l’éducation traditionnelle nous a transmis. Merci à eux !

Car toute l’énergie que le monde perd à s’occuper de tous ces gens perdus, c’est une énergie qui devrait être utilisée à construire un monde meilleur.

Et, c’est injuste pour ces gens qui font un travail sur eux, de leur faire porter le poids de nos propres dépendances et blessures.

Alors, s’il te plait, prends la responsabilité de ton bonheur, prends la responsabilité de ton développement personnel, et documente-toi sur une éducation alternative à cette vieille éducation qui punit, qui menace, qui fait du chantage (je hais le chantage!! je hais le chantage!! ça m’horripile; on donne – son temps, son amour… etc. – ou on ne donne pas, c’est tout! on ne donne pas sous conditions à son propre enfant , qu’on est censé aimer inconditionnellement m****!) qui compare, qui juge, irrespectueuse envers les plus jeunes…
S’il te plait.

Arrête d’avoir besoin de moi. Arrête d’avoir besoin des autres. Fais-toi du bien, pour faire du bien à ton entourage, et à ce monde!

Dis-moi ce que tu en penses en commentaires.

Et si ce message peut faire du bien à quelqu’un de ton entourage, partage. Merci 🙂

Arrête d’avoir besoin de moi

2 pesnées sur “Arrête d’avoir besoin de moi

  • 24 juillet 2017 à 15 h 21 min
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    Bonjour Ony,

    C’est la 1ère fois que je lis ton blog, c’est la 1ère fois que je commente un article sur un blog.
    Je suis un peu la  » newbie  » du jour.

    Je me suis retrouvée dans plusieurs passages de ton article :
    –  » En fait, je ne me sentais pas dans la bonne énergie ces derniers temps. Je me sentais molle. Je n’avais pas envie, pas l’envie. Je ne me sentais ni inspirée ni inspirante. Je ne me sentais ni convaincue ni convaincante.  »
    –  » Et moi, je suis à la fois Marge et Raul. […]
    Parce qu’à la base, j’aime décider, j’aime être libre, et faire ce que je veux.
    Mais. La sensation que d’autres ont ce besoin si important de vous, c’est étouffant à la longue.  »
    – j’ai malheureusement le sentiment d’avoir été cassée par mon ancienne relation et d’être entrée dans une nouvelle relation en n’étant pas réparée (je ne suis pas  » pleine « , je ne me sens pas très bien avec moi-même, etc.).
    Je dois donc travailler sur mon développement personnel : prendre confiance en moi, faire des choix par moi-même, me prendre en main.
    C’est un bon début d’identifier cela, c’est une tache ardue de s’y mettre.
    Et en général, on ne sait pas trop par quoi commencer.
    Mais je veux prendre ma vie en main.

    Je continuerais de te lire.
    Merci Ony.

    Bonne fin de journée,

    ALfa

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    • 25 juillet 2017 à 22 h 31 min
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      Bonsoir ALfa et bienvenue ici 🙂
      Bravo d’avoir pris conscience de ce sur quoi tu as besoin de travailler, c’est le début de la libération 🙂 Oui, ça peut être un long chemin et pas facile, mais vas-y petit à petit, un pas après l’autre. Par quoi commencer? Qu’as-tu as envie de faire toi, pour toi?
      Belle soirée et au plaisir d’échanger alors.
      Ony

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